Le CNR Papillomavirus est rattaché à l’unité de recherche « Carcinogenèse associée aux papillomavirus : facteurs prédictifs et pronostiques » (EA3181 – Université Bourgogne Franche-Comté) dirigée par le Professeur Jean-Luc Prétet.
Le programme de recherche de cette unité s’articule autour de trois thématiques prioritaires qui visent à (i) améliorer les connaissances fondamentales sur la carcinogenèse associée à HPV16, le génotype le plus carcinogène, (ii) mieux décrire l’histoire naturelle des infections à HPV (au niveau du col de l’utérus mais aussi de l’anus et des VADS) et mieux suivre les patients traités pour des lésions associées aux HPV et (iii) évaluer les actions de prévention des cancers associés aux HPV et des approches innovantes de prise en charge des lésions (pré-) cancéreuses induites par les HPV.

  • 1. Connaissances fondamentales sur la carcinogenèse associée à HPV16

    La compréhension des mécanismes moléculaires de la carcinogenèse associée aux HPV reste un défi permanent et suscite beaucoup d’espoirs pour développer de nouvelles approches de prévention ou thérapeutiques. Nous nous focalisons sur la régulation de l’expression et les fonctions des transcrits et des isoformes de E6 et E7 d’HPV16 pour :
    • Comprendre le rôle des mécanismes épigénétiques dans la régulation de l’expression des transcrits et des isoformes de E6 et E7.
    • Comprendre les mécanismes de régulation post-transcriptionnelle de l’expression des transcrits et des isoformes de E6 et E7 d’HPV16 en décrivant les schémas d’épissage des transcrits E6, en identifiant les séquences régulatrices d’épissage sur le génome viral et en évaluant le rôle des isoformes de E6 et E7 dans le métabolisme des ARN messagers.
    • Mettre en évidence un rôle biologique tout à fait original de l’interaction de la protéine E6 avec les ARN.
    • Évaluer le rôle de E6, E7 et de leurs isoformes sur la fonction des PPAR (récepteur activés par les proliférateurs des peroxysomes) et inversement.
    • Comprendre le rôle des transcrits et des isoformes de E6 et E7 dans la progression tumorale, en particulier dans la transition épithélio-mésenchymateuse et dans la résistance à la radiothérapie.
    Ces projets s’intègrent pour la plupart dans le programme de recherche REISO-PAP conduit par un consortium inter-régional composé de chercheurs et enseignants-chercheurs de notre EA, de l’équipe Oncoprotéines de l’IREBS (Strasbourg), du laboratoire de Biologie Tumorale du CLCC Paul Strauss (Strasbourg), de l’unité INSERM UMR-S 903 (Reims) et financé par la Ligue Contre le Cancer (CCIR-GE BFC) et le Cancéropôle du Grand-Est.

  • 2. Histoire naturelle des infections à HPV et suivi des patients traités pour des lésions associées aux HPV

    Il est admis que l’infection persistante par un HPV HR est le facteur de risque majeur du développement des lésions (pré-) cancéreuses du col de l’utérus et vraisemblablement de l’anus et des VADS. Or, de nombreuses questions relatives aux déterminants de cette persistance restent ouvertes. Nous proposons :
    • De caractériser l’histoire naturelle de l’infection anale par HPV HR (études PAPILLAN, menées en France et en Chine).
    • De caractériser les infections par HPV chez les patients avant et après transplantation (étude PATRE)
    • D’aborder les déterminants de la persistance/clairance de l’infection par HPV au niveau du col de l’utérus sous un angle virologique en modélisant la dynamique de l’infection par un HPV HR, HPV16 ou HPV18
    • D’évaluer des biomarqueurs d’HPV (charge virale, intégration, méthylation, transcrits alternatifs de E6) ou cellulaires (DNMT, hTERT) dans des cancers ano-génitaux (CAP3) et ORL (PAPILLOPHAR), à partir des tumeurs initiales ou d’ADN tumoral circulant.

  • 3. Évaluation des actions de prévention et des approches innovantes de prise en charge des cancers associés aux HPV

    La mise en place d’un programme national de dépistage organisé (avec recherche d’HPV), et la promotion de la vaccination contre les HPV doivent faire reculer les cancers du col de l’utérus, mais aussi les cancers des autres localisations en limitant la circulation des virus. Dans ce contexte, il est important de mettre en place des outils permettant de mesurer l’impact de ces actions de santé, notamment sur la morbidité cervico-utérine, mais aussi anale et ORL et l’écologie virale. Nous proposons :
    • D’évaluer l’impact de la vaccination en comparant, d’une part, les taux d’incidence des maladies associées aux HPV (notamment les CIN 2/3) dans la population alsacienne du Haut et du Bas-Rhin avant et après l’introduction de la vaccination anti-HPV en France (étude HPV-EST) et, d’autre part, l’exposition à un vaccin contre les HPV chez des « CAS » présentant une lésion histologique du type ≥ CIN2 et des « TEMOINS ». En parallèle des études de génotypage des HPV seront menées à partir de la cellulothèque constituée des liquides résiduels des frottis de col de l’utérus des femmes de la cohorte vaccinale pour déterminer dans quelle mesure la vaccination HPV modifie l’écologie virale.
    • De poursuivre le développement des études sur les lésions précancéreuses et les cancers du col de l’utérus dans le cadre du programme de travail partenarial FRANCIM-HCL-INCa-InVS 2014-2019. La production régulière de données d’incidence de ces lésions permettra d’évaluer l’efficacité des mesures prises pour organiser le dépistage et favoriser la vaccination prophylactique pour diminuer le nombre des (pré-) cancers du col de l’utérus en population. Fort de cette expérience, le registre des Tumeurs du Doubs et du TdB proposera des études similaires en collaboration avec nos partenaires suisses du NICER et chinois des registres du Guanxi et du Xinjiang.
    • De participer aux travaux visant à évaluer au plan médico-économique la généralisation du dépistage du cancer du col de l’utérus telle que précisée dans le Plan Cancer 2014-2019.
    • De poursuivre l’évaluation des nouveaux vaccins prophylactiques et thérapeutiques.