Du 18 au 22 septembre, se tiendra la campagne européenne “Prendre le cancer à la gorge” visant à informer et à sensibiliser les patients et les médecins sur les cancers des Voies Aéro-Digestives Supérieures (VADS).

Le papillomavirus est impliqué dans certains cancers de la tête et du cou.

Qu’est-ce que le papilloma virus humain ?

Le papilloma virus humain, abrégé « HPV », est un virus très courant, contracté par la majorité des gens à un moment ou à un autre de leur vie. Il peut affecter la peau et les muqueuses qui bordent certaines parties du corps à plusieurs endroits, comme :

  • la bouche et la gorge
  • l’anus
  • le col de l’utérus
  • le pénis
  • le vagin
  • la vulve

Plus de 100 types différents de HPV ont été identifiés, chacun désigné par un numéro. Certains types de HPV ont été associés à des tumeurs non cancéreuses, mais d’autres sont connus pour être cancérigènes. Chez de nombreuses personnes, les infections au HPV apparaissent et disparaissent sans qu’il y ait de symptômes. En effet, le virus peut rester inactif pendant des mois sans symptômes. Si vous n’éliminez pas l’infection, vous pouvez développer un cancer. Cependant, la plupart des personnes, sans même le savoir, ne sont plus porteuses du virus et ont donc une faible probabilité de développer un cancer.

Quel est le lien entre HPV et le cancer ?

On sait que certains types de HPV connus sous le nom de HPV « à haut risque » augmentent le risque de développer certains types de cancer, y compris les cancers de l’anus, du col de l’utérus, du pénis, de la vulve, du vagin et de la tête et du cou. D’après de récentes estimations, plus de 5% de tous les cancers sont attribués au HPV. Le HPV peut provoquer des cancers dans le fond de la gorge, à la base de la langue et au niveau des amygdales, dans une zone appelée l’oropharynx. Ces cancers sont appelés cancers oropharyngés et font partie du groupe appelé cancers de la tête et du cou. On estime que chaque année, dans le monde, environ 45 000 nouveaux cas de cancer de la tête et du cou peuvent être attribués à une infection au HPV.

Le type de HPV le plus fréquemment associé à un cancer est le HPV -16. Il est responsable de 50 à 60% des cancers du col de l’utérus et de 80 à 90% des autres cancers comme le cancer de la tête et du cou. D’autres types de HPV à haut risque associés aux cancers de la tête et du cou sont les HPV -18, 31 et 33, mais ils sont bien plus rares que le HPV -16.

Quelle est l’incidence des cancers de la tête et du cou liés au HPV ?

L’incidence des cancers de la tête et du cou liés au HPV augmente rapidement dans le monde entier. Les patients atteints d’un cancer de la tête et du cou lié au HPV sont généralement plus jeunes, en bonne santé et ne présentent pas forcément des antécédents classiques de tabagisme et/ou d’alcoolisme. Au niveau mondial, on estime que le HPV est responsable de 18,5% à 90% des cancers oropharyngés. Cette fourchette varie à travers le monde en raison des différences culturelles, des normes de pratique médicale et des taux de diagnostic par pays.

De nouvelles études ont identifiées un lien entre le cancer de la tête et du cou lié au HPV et le comportement sexuel. Comme le HPV peut être transmis après un seul rapport sexuel, le risque augmente avec le nombre de partenaires sexuels qu’une personne a.

Est-ce que je peux me faire vacciner contre le HPV ?

Il existe actuellement trois vaccins qui fournissent une protection contre plusieurs types de HPV – Cervarix®, Gardasil® et Gardasil 9®. Ces vaccins sont actuellement recommandés pour les garçons et les filles âgés de 11 à 12 ans (uniquement pour les filles en France) pour les protéger contre un certain nombre de maladies causées par le HPV, dont, entre autres le cancer du col de l’utérus et le cancer de la tête et du cou. Veuillez noter que : les recommandations de vaccination varient selon les pays. Veuillez contacter votre médecin local pour plus d’information. Les trois vaccins homologués ciblent le HPV -16 qui est responsable d’environ 90% des cancers de la tête et du cou. Tous les vaccins anti- HPV sont à l’heure actuelle préventifs et ne sont pas efficaces contre l’infection une fois le cancer établi.

Ces dernières années, la vaccination anti- HPV est devenue une pratique médicale établie. Cependant, des études complémentaires seront requises pour confirmer l’efficacité des vaccins pour la prévention des cancers de la tête et du cou.

Que réserve l’avenir ?

Bien que la vaccination constitue un pas en avant dans la protection contre le HPV, un certain nombre de personnes ne sont toujours pas vaccinées et ne sont pas protégées.

Dans de nouveaux travaux, la recherche se concentrera sur le développement de nouveaux vaccins qui non seulement préviennent l’infection, mais aussi traitent les personnes atteintes d’un cancer lié au HPV. Les chercheurs ont aussi constaté que les patients diagnostiqués avec un cancer de la tête et du cou avaient tendance à mieux répondre à certains traitements que ceux non infectés par le HPV. Des essais sont actuellement en cours pour déterminer si les patients atteints d’un cancer de la tête et du cou infectés par le HPV peuvent recevoir un traitement moins intensif, tout aussi efficace, mais avec moins d’effets secondaires.

De plus, des études sont actuellement en cours sur l’activité et les techniques de conseil car celles-ci sont importantes pour le traitement et le soutien continu des patients.