• LE DÉPISTAGE

    La pratique régulière du frottis cervicoutérin (FCU) a contribué à diminuer l’incidence du cancer du col de l’utérus en France au cours des dernières décennies. Le dépistage cytologique du cancer du col de l’utérus consiste à réaliser un frottis cervicoutérin de 25 à 65 ans selon les recommandations de l’HAS qui ont été mises à jour en 2013 dans le document «Actualisation du référentiel de pratiques de l’examen périodique de santé (EPS)»
    L’introduction du test HPV, en association ou non avec un test de cytologie, a démontré son efficacité dans le dépistage des lésions (pré)cancéreuses du col de l’utérus dans de grandes études internationales. Ceci représente un progrès médical important et c’est à ce titre que le test HPV est aujourd’hui recommandé en première intention dans certains pays. En France, la recherche d’ADN d’HPV a initialement été recommandée et remboursée dans le triage des frottis atypiques de signification indéterminée (ASCUS). Depuis janvier 2017, de nouvelles recommandations élargies ont été émises par l’INCa dans son document «Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale».
    Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français recommande toujours le test HPV dans la surveillance après traitement des CIN de haut grade. Le test est à réaliser dans les 36 mois postintervention.

  • LE PRÉLÈVEMENT

    Deux modalités de prélèvement existent :
    • Le praticien utilise une brosse spécifique pour effectuer un prélèvement dédié à la recherche d’HPV après avoir effectué un frottis conventionnel.
    • Le praticien utilise une brosse dédiée à la réalisation d’un frottis en couche mince. En cas d’anomalies, un test HPV réflexe peut-être prescrit par le pathologiste. Il faut s’assurer de la validité du milieu de recueil des cellules pour la réalisation du test HPV.

  • LES MILIEUX DE RECUEIL DES CELLULES

    En France, de nombreux milieux de recueil de cellules du col de l’utérus sont disponibles pour la réalisation d’étalement en vue d’une analyse cytologique. L’utilisation de milieu de cytologie liquide dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus est notamment justifiée par la possibilité de réaliser un test HPV réflexe. Toutefois, ce type de test réflexe ne doit être réalisé qu’à partir d’échantillons de cellules recueillis dans un milieu validé pour une recherche d’HPV. Les sociétés de diagnostic recommandent un nombre limité de milieux qu’elles ont elles-mêmes validés. Une note de cadrage a été publiée en 2012 par la HAS concernant les «conditions de réalisation de la détection des papillomavirus humains (HPV)» afin d’améliorer la qualité des pratiques des tests HPV. L’année suivante (octobre 2013) c’est une synthèse faisant l’état des connaissances sur les «Conditions pré-analytiques de réalisation de la recherche du génome (ADN) des Papillomavirus Humains (HPV) oncogènes à partir de frottis cervico-utérins» qui a été publiée.
    Une mise à jour de la liste des milieux liquides utilisables avec les trousses de détection des HPV selon les notices des fournisseurs est disponible ici.

  • SENSIBILITÉ ET SPÉCIFICITÉ CLINIQUES DES TESTS HPV

    Aujourd’hui plus de 40 trousses commerciales de détection des HPV sont disponibles. Une validation soigneuse de ces trousses est impérative car toutes n’ont pas encore fait l’objet d’une évaluation selon les recommandations internationales.
    Les tests HPV utilisés dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus doivent présenter une sensibilité et une spécificité cliniques qui ont été publiées en 2009 par un groupe d’experts internationaux dans l’article «Guidelines for human papillomavirus DNA test requirements for primary cervical cancer screening in women of 30 years and older».
    La « sensibilité clinique » ou « sensibilité diagnostique » correspond à la probabilité qu’un test donne un résultat positif (présence d’un HPV) en présence d’une lésion de haut grade. Pour le dépistage les tests HPV doivent présenter une excellente sensibilité clinique pour identifier toutes les patientes présentant une lésion et éviter les faux négatifs. Elle doit être au minimum de 90% de celle du test Hybrid Capture 2. La spécificité clinique (ou diagnostique) correspond à la probabilité qu’un test donne un résultat négatif (absence d’HPV) quand il n’y a pas de lésion. Cette spécificité, pour la détection d’une lésion de haut grade, doit être au minimum de 98% de celle du test Hybrid Capture 2.